Trekking vers Glitterheim : le vrai visage sauvage du Jotunheimen

Pour le deuxième jour de notre trekking dans le parc national de Jotunheimen, nous avons parcouru l’itinéraire reliant le lac Bessvatnet au refuge de montagne de Glitterheim. Pour la première fois, nous avons eu l’occasion de nous confronter au froid norvégien, à la réalité brute des sentiers locaux, de découvrir l’hospitalité typique de cette contrée, et de tester notre esprit d’équipe. Attachez vos ceintures, car je vous emmène pour la suite de notre voyage à travers les montagnes ancestrales de Jotunheimen !

Le récit du premier jour de notre expédition, au cours duquel nous avons notamment gravi le Besseggen et le Besshøe, est disponible sur notre blog. Si vous recherchez plutôt un guide contenant des informations générales sur les montagnes de Jotunheimen, n’hésitez pas à consulter notre guide dédié !

SOMMAIRE :

  1. Trekking le long du Bessvatnet
  2. Le sentier vers le Russvatnet
  3. L’ascension du col sans nom (1 720 m d’altitude)
  4. La descente vers la vallée de Veodalen
  5. Le refuge de montagne de Glitterheim
  6. Bivouac dans la vallée de Veodalen

Trekking le long du Bessvatnet

La première aventure de cette journée est le réveil lui-même. C’est incroyable de sortir tout simplement de sa tente, de boire son café matinal et de manger son porridge avec vue sur le magnifique lac Bessvatnet. De tels moments permettent de mieux comprendre que, bien que les exigences d’une civilisation moderne aient entassé les humains dans des cages de béton, la véritable maison de l’homme est (et sera toujours) la nature. Personne ne se presse ce matin pour la routine quotidienne, et nous ne prenons le départ qu’aux alentours de 11h. D’où vient le privilège d’un départ si tardif ? Du coucher de soleil extrêmement tardif, bien sûr.

Pendant la majeure partie de la journée d’hier, le soleil brillait intensément, ce qui nous a permis de randonner en simple t-shirt. Aujourd’hui, les conditions ont changé : il fait beaucoup plus frais, ce qui demande une sélection de vêtements bien plus méticuleuse. Le début du sentier du jour longe les rives du lac Bessvatnet, que nous connaissons déjà bien. Comme d’autres lacs du Jotunheimen, celui-ci s’est formé sous l’action érosive d’un glacier lors de la dernière période glaciaire. Autrefois, une rivière devait couler ici, façonnant une vallée en V. Le glacier a ensuite élargi cette étroite vallée, créant une immense et large vallée en U ainsi que la cuvette où se trouve aujourd’hui le lac Bessvatnet. Cette cuvette est d’ailleurs bien plus profonde qu’il n’y paraît. Le Bessvatnet atteint 102 mètres de profondeur, soit seulement 6 mètres de moins que le lac le plus profond de Pologne, le lac Hańcza.

sentier de Bessvatnet
Moi, avec le Besshøe derrière moi

Pour moi, l’excursion a également débuté par des mésaventures technologiques. Le froid et l’humidité ont fait leur effet, et mon vieux Xiaomi refuse de coopérer. L’expérience me dicte (et l’avenir me donnera raison) qu’il finira par se rallumer tout seul d’ici quelque temps, mais un léger stress persiste. Il serait bête de se retrouver sans téléphone portable pour tout le voyage. Nous marchons en colonne serrée à travers la large vallée. Le sentier, sur cette section, n’existe pratiquement que sur la carte. En réalité, nous progressons principalement sur un sol herbeux et rocailleux, n’apercevant que de temps à autre les traces d’un sentier battu. À un moment donné, environ 500 mètres avant le virage à gauche prévu, le tracé traverse une petite zone marécageuse. Nous y perdons un peu de temps à chercher le passage le plus sec possible. Dans les environs, nous tombons aussi sur l’une de ces curiosités norvégiennes : un bac spécial contenant des pierres à lécher destinées aux rennes. De mon côté, j’ai beaucoup aimé les petites cabanes de pêcheurs que l’on pouvait apercevoir par moments au bord du lac Bessvatnet.

sentier de Bessvatnet
Mesdames et Messieurs, voici le « sentier »
jotunheimen
Skyrim dans le monde réel, rien à ajouter, rien à retirer

Le sentier vers le Russvatnet

Après environ 4 kilomètres, nous atteignons l’intersection avec le sentier reliant Gjendesheim à Glitterheim. À ce moment précis, nous sortons brièvement des limites du parc national de Jotunheimen. Le sentier prend ici la forme d’un chemin de sable et de pierres assez large. Le paysage autour de nous se transforme également. Le terrain reste plat, mais nous sommes désormais entourés de toutes parts par une immensité sauvage. Je dois admettre que cet espace gigantesque me fait une forte impression, bien qu’il s’en dégage aussi quelque chose de… déroutant.

Pendant ce temps, le sentier commence à descendre nettement. Nous passons de 1 400 m à 1 200 m d’altitude pour rejoindre un autre lac local : le Russvatnet. Nous traversons un petit pont sur la rivière Russa et passons à côté d’une petite plage de montagne. Vers 13h15, après avoir parcouru 8 kilomètres, nous arrivons près d’un groupe de cabanes en bois indiquées sur la carte sous le nom de Russvassbue. Nous supposons qu’il s’agit de cabanes utilisées par les pêcheurs – le lac Russvatnet étant réputé pour être particulièrement poissonneux en saumons. Fait intéressant, selon la page Wikipédia norvégienne, l’intégralité de ce lac est une propriété privée. S’acheter un terrain au bord d’un lac, je comprends. Mettre la main sur tout le lac ? Eh bien, quelqu’un s’est fait un beau cadeau ! Nous nous offrons une courte pause près de Russvassbue.

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Un espace infini… On aperçoit également une pierre marquée du balisage norvégien : un « T » rouge.
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Un petit homme face aux Montagnes
jotunheimen russvatnet
jotunheimen russvatnet
Le lac Russvatnet

La suite du trekking se déroule sur un sentier confortable et bien visible qui longe la rive nord du lac Russvatnet. Comme nous avons perdu un peu d’altitude par rapport au début de notre randonnée, la végétation autour de nous est brièvement devenue un peu plus dense. Par « un peu plus dense », j’entends que les herbes et les arbustes atteignent ici quelques dizaines de centimètres, et que de temps à autre, un arbre isolé apparaît.

À 2,5 kilomètres de Russvassbue, le sentier cesse de longer obstinément les rives du lac et bifurque nettement vers la droite. Nous commençons enfin à monter ! C’est peut-être mieux ainsi ? Le froid norvégien commence à me frigorifier, et dans une montée, on a toujours des chances de se réchauffer un peu. À environ 1 300 m d’altitude, we franchissons une petite passerelle au-dessus du ruisseau Tjonnholae. Bien que la structure soit un peu instable, chacun d’entre nous la traverse finalement sans trop de difficultés.

jotunheimen
L’altitude a baissé, la végétation est de retour
jotunheimen russvatnet
Ce genre de « micro-obstacles » est monnaie courante dans le Jotunheimen
animaux du jotunheimen
Qu’est-ce que tu regardes ?
pont dans le jotunheimen
Le petit pont sur le parcours

L’ascension du col sans nom (1 720 m d’altitude)

Le ciel au-dessus de nous ne laisse plus planer aucun doute : le grand soleil de la veille n’est plus qu’un lointain souvenir. Après une autre courte pause, nous nous remettons en route. Nous avons devant nous une section de montée : 400 mètres de dénivelé sur les 4,5 prochains kilomètres. Ça a l’air simple sur le papier, n’est-ce pas ? Pourtant, dans les conditions du Jotunheimen, ce ne l’était pas du tout. De plus, j’ai l’impression que cette portion a été la plus difficile de toute notre expédition (hormis l’averse torrentielle du dernier jour, mais ne devançons pas les événements…).

Pendant un moment après avoir quitté le pont, nous marchons encore sur des terrains herbeux. Vers 1 450 m d’altitude, le sol rocheux commence à prendre le dessus sur la végétation. À 1 600 m d’altitude, le parcours n’est plus fait que d’un immense pierrier. Le terrain exige une concentration constante à chaque pas ; il n’est donc pas surprenant que notre progression soit extrêmement lente. À un certain moment, j’ai l’impression que les pierres m’entourent de toutes parts et que la fin de la montée ne se rapproche pas d’un poil. Ajoutez à cela la fatigue, le ciel couvert, la température basse et un sac à dos lourd, et voilà ! on obtient un moral au plus bas. Je me plains un peu trop ? Peut-être. Mais en même temps, j’ai bien conscience que parcourir quelques kilomètres sur un tel sentier forge le caractère bien plus que des centaines de kilomètres sur des chemins situés dans notre zone de confort.

Aux alentours de 17h00, nous atteignons le lac Tjønnholtjønne. Nous ne nous arrêtons pas, cela ne servirait à rien, nous continuons d’avancer. Pour faire passer le temps, nous commençons à jouer au jeu du « 3P » (le jeu consiste à faire deviner un mot à une autre personne en utilisant uniquement trois mots commençant par la lettre P). Bien qu’au début j’aie été sceptique, ce jeu s’est avéré très divertissant. C’est ainsi, en devinant des expressions plus ou moins absurdes, que nous atteignons enfin le point culminant de notre journée : un col sans nom situé à environ 1 720 m d’altitude.

Lorsque nous atteignons le col, il est presque 18h00. Et pour témoigner de la dureté de cet effort, voici une petite statistique de mon application Strava : nous avons mis pas moins de 31 minutes pour parcourir le tout dernier kilomètre de montée avant le col, alors qu’il n’y avait que 120 mètres de dénivelé.

sentier de randonnee du jotunheimen
Le début de la montée vers le col sans nom
sentier de randonnee du jotunheimen
sentier de randonnee du jotunheimen
Les pierres ne finissent jamais
sentier du jotunheimen
Vue d’en haut sur le lac Tjønnholtjønne
sentier du jotunheimen
Les derniers mètres avant le col !

La descente vers la vallée de Veodalen

De l’autre côté du col, le sol est tout aussi rocailleux et inconfortable, mais au moins, maintenant, nous descendons. Le paysage change lui aussi pour le meilleur : nous avons désormais en ligne de mire des dizaines de sommets de plus de deux mille mètres recouverts de glaciers. Surtout, nous pouvons admirer dans toute sa splendeur le sommet tout proche du Glittertind (2 452 m), le deuxième plus haut sommet du Jotunheimen. Nous descendons lentement vers la large vallée de Veodalen, où se trouve le refuge de Glitterheim et où nous prévoyons de passer la nuit.

Pour la petite histoire, nous avions initialement prévu de parcourir cette étape bien plus rapidement, afin de tenter l’ascension du Glittertind le jour même. Effectivement, sachant qu’en juillet le soleil ne se couche qu’à 23h dans le Jotunheimen, nous aurions pu y parvenir en marchant légers. Cependant, le ciel de plus en plus menaçant, les prévisions de fortes pluies pour la nuit et, tout simplement, la fatigue nous ont poussés à renoncer d’un commun accord à ce projet. Et c’était une excellente décision ! Comme vous le verrez, nous avons eu l’occasion de gravir le Glittertind quelques jours plus tard, mais cette fois-ci dans des conditions de rêve.

Du col jusqu’au refuge de Glitterheim, il nous reste encore 5 kilomètres de marche. La descente se fait tout en douceur – sur cette section, nous ne perdons que 350 mètres d’altitude. Environ quatre kilomètres après avoir quitté le col, nous traversons un pont un peu bancal sur la rivière Veo. Ensuite, il ne nous reste plus qu’à franchir le dernier kilomètre, particulièrement boueux et marécageux, avant d’arriver à Glitterheim ! Notre montre affiche 19h40.

sentier du jotunheimen
Le col
sentier de veodalen
Martyna pendant la descente, avec l’imposante silhouette du mont Glittertind juste derrière elle
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Vue sur la charmante vallée de Veodalen et les méandres de la rivière Veo
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Un coup d’œil sur le sentier de descente
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Au fond de la vallée de Veodalen, on aperçoit Glitterheim au loin

Le refuge de montagne de Glitterheim

Glitterheim est un refuge de montagne géré par l’Association Norvégienne de Randonnée (DNT). Le site est desservi par une piste en gravier. Le grand nombre de râteliers à vélos devant le bâtiment suggère que par beau temps, cet endroit est particulièrement prisé des cyclistes. À l’intérieur, on trouve une petite boutique (faisant plutôt office de réception), une salle commune, une salle à manger et des sanitaires. Comme dans les autres refuges norvégiens, la coutume veut que l’on retire ses chaussures de marche pour les laisser dans l’entrée.

À première vue, l’endroit semble très chaleureux, et nous sommes tous ravis de pouvoir enfin nous y reposer au chaud après une longue journée dans le froid, de manger convenablement et de réfléchir tranquillement à notre hébergement pour la nuit. Cependant, nous comprenons rapidement que la vision norvégienne d’un refuge de montagne diffère totalement de celle à laquelle nous sommes habitués. En effet, le personnel du refuge nous interdit de consommer notre propre nourriture à l’intérieur du bâtiment (et ce, bien que nous ayons fait des achats à la boutique, la plupart d’entre nous ayant pris au moins une douceur locale). On nous a seulement autorisés à préparer notre repas sous le porche glacial, et surtout (à ne pas faire !) sans utiliser notre réchaud à gaz. Pendant la demi-heure suivante, nous nous retrouvons donc assis sur le sol en pierre de l’entrée, au milieu des chaussures, à manger nos plats lyophilisés réhydratés avec l’eau chaude des toilettes. Voilà le genre de formule tout compris qu’on adore… Heureusement, point positif : à Glitterheim, mon téléphone a soudainement repris vie. Bravo à mon vieux Xiaomi, je savais que ton heure n’était pas encore venue.

La question de la nuitée pose également problème. Les prévisions pour la nuit et le lendemain sont claires : il va pleuvoir, et même très fort (on annonce 40 mm de précipitations). Nos craintes sont confirmées par l’affichage météo de yr.no pour Glitterheim, suspendu à l’un des murs du refuge. Nous commençons à nous demander s’il ne serait pas plus raisonnable de dormir à l’abri plutôt que sous la tente. Notre attention se porte sur un abri de jardin attenant au refuge. Même s’il est un peu embarrassant de l’avouer aujourd’hui, notre plan initial était de nous y faufiler pour y passer la nuit.

glitterheim
Le refuge de montagne DNT de Glitterheim

Bivouac dans la vallée de Veodalen

But il n’était pas encore question de dormir ! En effet, nous étions au refuge depuis un bon moment déjà, et toujours aucun signe des trois autres participants de notre expédition. Pour expliquer la situation, notre groupe s’était organisé de manière à ce que ceux qui se sentaient d’attaque empruntent un itinéraire plus exigeant, tandis que les autres suivaient un parcours plus accessible à leur propre rythme. Notre groupe de six ayant initialement pour projet de gravir le Glittertind, nous avions pris de l’avance. Les trois autres devaient nous retrouver plus tard à Glitterheim. Cependant, alors que 21h passait et que nos compagnons n’étaient toujours pas là, nous avons commencé à nous inquiéter.

Impossible de les contacter, car il n’y a aucun réseau mobile dans la vallée de Veodalen. Jaromir allume donc le talkie-walkie que nous avions emporté spécialement à cet effet, mais impossible d’établir la communication pour localiser nos trois compagnons. La décision est vite prise : Jaromir, Izka et moi laissons nos sacs à dos à Glitterheim et repartons dans le col à la recherche du reste de l’équipe. Reposés et marchant légers, nous montons très rapidement. Nous rejoignons nos compagnons quelques minutes avant 22h, à environ 1 600 m d’altitude. Nous les soulageons de leurs sacs à dos et, tous ensemble, nous reprenons la direction du refuge.

Environ un kilomètre avant d’atteindre Glitterheim, nous entendons un coup de sifflet. C’est Natalia ! Il s’avère que Martyna, Natalia et Marta, qui nous attendaient au refuge avec nos sacs, en ont été expulsées. Selon le personnel, elles y étaient restées trop longtemps sans réserver de nuitée. D’accord, je conçois bien que les standards touristiques norvégiens soient différents, mais imaginez-vous un seul instant être mis à la porte d’un refuge de montagne traditionnel alors que vous attendez le reste de votre groupe ? J’ai toujours pensé que de tels établissements n’étaient pas là uniquement pour faire du profit, mais qu’ils avaient aussi une mission d’entraide montagnarde. Dans ces conditions, il devenait évident que notre plan de repli dans l’abri de jardin était bien trop risqué, le personnel s’avérant particulièrement hostile envers les randonneurs au budget limité.

Quoi qu’il en soit, les filles expulsées du refuge ont assuré comme des chefs ! Chacune a transporté deux sacs à dos sur une distance d’un kilomètre depuis le refuge. Pourquoi un kilomètre exactement ? Tout simplement parce que Glitterheim détient l’exclusivité du camping payant dans un rayon d’un kilomètre autour du bâtiment. Si nous avions planté nos tentes plus près, nous aurions dû payer le plein tarif du refuge. Les filles ont non seulement géré le transport de ces lourdes charges, mais elles avaient déjà monté les tentes. C’est ainsi que, peu avant 23h, alors qu’il faisait encore grand jour, nous nous sommes tous retrouvés au campement prêt à nous accueillir. Ce ne fut pas une journée facile, mais à ce moment-là, j’ai vraiment ressenti que nous formions une véritable équipe.

Date de la randonnée : 21 juillet 2024

Statistiques de la randonnée : 22 km, 675 mètres de dénivelé positif

Et qu’en est-il du Glittertind ? Vous le découvrirez dans notre prochain article ! Merci d’avoir pris le temps de lire mon récit ! Pour rester informé de nos prochaines aventures, je vous invite à me suivre sur Facebook et Instagram ! Chaque j’aime, commentaire et partage me fait chaud au cœur. Si vous appréciez mon travail et souhaitez me soutenir, vous pouvez également m’offrir un café virtuel sur buycoffee.to.

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Notre campement, photo prise le lendemain

Carte de la randonnée

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