Trek de Visdalen à Storådalen par Leirvassbu et Langvatnet : Une grande aventure dans le Jotunheimen

Le sixième jour de notre trek dans le massif du Jotunheimen, nous avons parcouru une longue étape reliant la vallée de Visdalen à celle de Storådalen. Plus de 30 kilomètres de sentiers rocailleux, une halte au refuge de Leirvassbu, un déjeuner mémorable face aux eaux cristallines du lac Langvatnet, et la chance de contempler sous toutes ses coutures le mont Kyrkja (2032 m), parfois surnommé le Cervin norvégien. Voici le récit de cette magnifique journée de juillet au cœur du Jotunheimen !

Sommaire

Trekking à travers la vallée de Visdalen

Ce jour-là, la loterie de la météo se montre particulièrement généreuse avec nous. Un ciel totalement bleu et un soleil radieux nous offrent des conditions parfaites pour affronter la plus longue étape de toute notre expédition. Nous quittons notre campement de la vallée de Visdalen peu avant 11 heures. C’est un départ plutôt tardif, mais après notre retour nocturne de l’ascension du Galdhøpiggen la veille, nous avons passé un peu plus de temps que prévu au chaud dans nos duvets. Notre groupe se sépare aujourd’hui en deux équipes. La première compte rejoindre la vallée de Storådalen via Leirvassbu en longeant le lac Langvatnet. La seconde choisit un itinéraire plus court en distance mais avec un dénivelé plus prononcé : le sentier traversant la vallée d’Urdadalen. De mon côté, j’opte pour la version longue pour deux raisons. Premièrement, je pense qu’un soleil si éclatant doit être mis à profit au maximum. Deuxièmement, cette variante longue semble bien plus spectaculaire sur la carte. Enfin, troisièmement, je crains que la vallée d’Urdadalen ne ressemble trop au trek rocailleux vers Glitterheim lors de notre deuxième jour d’expédition (ce que je préférais honnêtement éviter).

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On plie le camp !

La première partie du trek consiste en une douce montée dans la vallée de Visdalen. Le sentier est impeccable : une trace bien marquée et très confortable pour la marche. Nous avançons dans une immense auge glaciaire, entourés de toutes parts par les silhouettes massives de sommets culminant à plus de 2000 mètres. Je dois admettre que Visdalen me fait une impression incroyable. À mes yeux, c’est l’un des endroits les plus charmants que nous ayons visités durant notre périple norvégien. Et comme si cela ne suffisait pas, nous apercevons soudain une silhouette saisissante à l’horizon ! Devant nous se dresse une montagne acérée, qui tranche complètement avec le reste du paysage. C’est le mont Kyrkja (2032 m), dont la forme pyramidale lui vaut parfois le surnom de Cervin norvégien.

Après environ quatre kilomètres, nous atteignons une bifurcation. À gauche part le sentier de la vallée d’Urdadalen, emprunté par la majorité de notre équipe. Notre groupe de quatre continue tout droit, remontant la vallée de Visdalen. Le décor reste incroyablement bucolique : un vert d’une rare intensité pour le Jotunheimen, un ciel pur, le doux murmure de la rivière… Et toujours ce majestueux mont Kyrkja en point de mire…

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Le mont Kyrkja se dévoile !
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À mesure que nous prenons de l’altitude, le sentier à travers la vallée de Visdalen se fait moins marqué, plus pierreux et marécageux. Les cairns marqués d’un « T » rouge sont assez rapprochés, de sorte que nous n’avons aucun mal à garder la bonne direction. Enfin, à l’exception d’un passage clé… Environ quatre kilomètres après la bifurcation, nous réalisons que nous avons perdu de vue le cairn suivant. Un court moment d’hésitation… et le voilà ! Sauf qu’il se trouve de l’autre côté de la rivière :-). La Visa est large et assez profonde dans ce secteur ; nous passons donc un certain temps à chercher un endroit propice pour traverser les pieds au sec (par « pieds au sec », j’entends en sautant de pierre en pierre).

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Traversée de la rivière Visa
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Moi, avec le Visbreatinden (2234 m) et le glacier Visbrean en arrière-plan
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Dernier regard sur la vallée de Visdalen

La vallée de Leiradalen et la magie de Kyrkja

Après avoir traversé la rivière, nous grimpons sur un verrou glaciaire séparant la vallée de Visdalen de celle de Leiradalen (1450 m). La montée est courte mais intense. La fatigue est toutefois immédiatement balayée par la vue sur le mont Kyrkja, qui se présente sous un angle absolument saisissant. Le lac voisin, Kyrkjetonnet, ajoute une touche de magie, donnant l’impression que cette montagne majestueuse en jaillit directement. Quant au sentier, il devient sur cette section particulièrement pierreux et exigeant. Eh oui, on ne peut pas tout avoir.

Nous progressons à présent dans la partie supérieure de la vallée de Leiradalen, en contournant lentement le magique Kyrkja. Autant l’avouer, je suis tombé sous le charme de cette montagne. Bien que mes jambes commencent à peser lourd et que notre progression soit plus lente que prévu, une idée fixe me trotte dans la tête : monter au sommet de cette magnifique pyramide dès aujourd’hui. Environ deux kilomètres après avoir quitté Visdalen, nous arrivons au bord du lac Leirvatnet. Nous atteignons le refuge de Leirvassbu peu avant 16 heures. Nous y faisons une longue pause salvatrice pour refaire le plein d’énergie, dévorer quelques bonbons et grignoter nos en-cas.

kyrkja jotunheimen
Kyrkja
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Vous comprenez maintenant la comparaison avec le Cervin ?
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Une section pierreuse et accidentée en direction du refuge de Leirvassbu
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Le versant plus doux du mont Kyrkja (emprunté par le sentier de randonnée). Au premier plan, le lac Leirvatnet
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Le refuge de montagne Leirvassbu

Le long du lac Langvatnet

Un peu plus reposés, nous reprenons notre trek ! Nous contournons le lac Leirvatnet et entamons la montée vers le point culminant de notre journée : le col de Høgvaglen (environ 1500 m). C’est d’ici que part la voie d’ascension pour le mont Kyrkja. À cet endroit, la tentation de poser mon lourd sac à dos pour grimper sur ce Cervin norvégien est immense. Mais les filles me ramènent à la raison : l’heure est tardive, il nous reste une bonne dizaine de kilomètres à parcourir et la fatigue accumulée des jours précédents commence à se faire sentir. Je boude un court instant, puis je finis par me rendre à l’évidence. Ce trek est déjà très exigeant en soi, alors pourquoi rajouter l’ascension d’un sommet raide et imposant ? Savoir renoncer est une compétence essentielle en montagne, qu’il faut savoir acquérir.

Après avoir franchi le col de Høgvaglen, nous entamons une longue section le long de lacs aux eaux cristallines : l’Øvre Høgvagltjønnen, le Nedre Høgvagltjønnen, puis le plus grand d’entre eux, le Langvatnet. Le sentier est ici bien tracé, mêlant terre et pierres. À perte de vue, le paysage est grandiose. Les lacs sont encadrés de sommets de plus de 2000 mètres, souvent parés de névés éternels. Quelques kilomètres après Høgvaglen, nous décidons de faire notre pause dîner. Confortablement installés sur un grand bloc de pierre, nous sortons nos réchauds pour déguster de bons plats lyophilisés bien chauds.

La principale difficulté le long du lac Langvatnet s’avère être… les cours d’eau qui s’y jettent. Régulièrement, nous devons franchir des ruisseaux plus ou moins importants. Nous tombons sur la rivière la plus large après avoir parcouru environ les deux tiers du lac. Dans ces moments-là, nous cherchons d’ordinaire un passage où les rochers forment une sorte de pont naturel. Malheureusement, impossible d’en trouver un ici. Après mûre réflexion, je me résous à enlever mes chaussures pour entrer dans l’eau glacée. Ce n’est pas très agréable, mais c’est bien moins risqué que de tenter un saut périlleux avec un sac à dos de 15 kg.

Øvre Høgvagltjønnen
Øvre Høgvagltjønnen
Langvatnet
Langvatnet
Langvatnet
Martyna face à la rivière tumultueuse
Langvatnet
Langvatnet

La vallée de Storådalen

Une fois cet obstacle franchi, nous parcourons les derniers kilomètres le long du lac Langvatnet. Le sentier est typique de ce que la Norvège nous a habitués à affronter : humide, boueux et rocailleux. Nous bifurquons ensuite légèrement sur la gauche pour pénétrer dans la partie supérieure de la vallée de Storådalen. C’est le moment d’allumer le talkie-talkie que Jaromir m’a confié. Nos deux itinéraires devant se rejoindre peu après la sortie du lac, j’espère établir le contact avec le reste du groupe. Malheureusement, mes espoirs sont déçus : l’appareil grésille, siffle, mais ne transmet aucune voix humaine. Pourquoi utiliser de tels gadgets au XXIe siècle ? Tout simplement parce que le réseau mobile est totalement inexistant dans la majorité de ces vallées.

Nous continuons donc notre chemin. La vallée de Storådalen se révèle être un autre joyau de notre randonnée du jour. Tout comme à Visdalen ou Leiradalen, nous y trouvons un calme absolu et une atmosphère idyllique. Il est plus de 21 heures, l’heure idéale où le soleil commence à décliner, teintant le ciel de nuances chaudes et magiques. Malgré l’heure tardive et la fatigue, la marche est un vrai plaisir. Ce qui distingue cette vallée, c’est la présence de magnifiques cascades. La plus impressionnante, Hellerfossen, se jette d’un verrou rocheux d’environ 100 mètres de haut (entre 1200 et 1300 m d’altitude). Le sentier passe tout près des chutes, ce qui nous permet d’admirer la puissance de l’eau de très près.

Du sommet du verrou rocheux d’où gronde Hellerfossen, on jouit d’une vue imprenable sur la partie inférieure, verdoyante et humide, de la vallée de Storådalen. De plus, c’est à cet endroit précis que je constate que mon talkie-talkie fonctionne enfin. Je parviens à capter le reste du groupe, ce qui signifie que nous sommes désormais très proches. Effectivement, après avoir descendu le verrou rocheux et marché environ un kilomètre, nous tombons sur nos compagnons. L’équipe a choisi d’établir le camp dans un endroit pour le moins original : au beau milieu d’une vaste zone humide, avec un seul accès au sec. D’un point de vue défensif, c’est parfait. Pour aller se soulager la nuit… c’est une autre histoire.

Nous passons les dernières lueurs du jour à monter les tentes, partager nos collations (croiriez-vous qu’au sixième jour de trek, Arek a encore des bonbons venus de Pologne ?), faire une partie de Uno et échanger nos impressions. Il s’avère que la variante par la vallée d’Urdadalen était elle aussi magnifique et a offert de superbes panoramas à nos amis. De mon côté, je savoure notre réussite. Nous avons parcouru un nombre impressionnant de kilomètres au cœur d’une nature sauvage et préservée. Il n’y avait pas de dénivelés vertigineux aujourd’hui, mais je vous le garantis : même les portions plus plates du Jotunheimen savent se montrer éprouvantes pour les jambes. Sans oublier le poids de nos sacs de près de quinze kilos, que nous portons quotidiennement depuis presque une semaine. Allez, tout va bien, il est temps de dormir ! Nous devons nous reposer, d’autant plus que selon nos prévisions, la météo de demain devrait se gâter un peu… (spoiler : elle s’annonçait pire, et elle l’a effectivement été, découvrez-le ici !).

Date de la randonnée : 25 juillet 2024

Statistiques de la randonnée : 30 kilomètres, 630 mètres de dénivelé positif

Vous trouverez plus d’informations générales sur le massif du Jotunheimen via ce lien. Merci d’avoir pris le temps de lire mon article ! Pour rester informé des nouvelles publications, je vous invite à me suivre sur Facebook et Instagram ! Chaque j’aime, commentaire et partage me va droit au cœur. Si vous appréciez mon travail et souhaitez me soutenir, vous pouvez également m’offrir un café virtuel sur buycoffee.to.

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Partie supérieure de la vallée de Storådalen
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Vue depuis le verrou rocheux d’où se jette Hellerfossen
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Hellerfossen
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Les derniers mètres de marche, il est déjà plus de 22h !

Carte de l’itinéraire

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