Pour les passionnés des Beskides, Babia Góra est bien plus qu’un simple sommet supplémentaire. C’est la Mère qui surveille tous ses enfants de sa hauteur impressionnante. C’est la Reine, magnifiquement visible de la grande majorité des sommets dans un rayon d’environ 100 km. Enfin, c’est la Capricieuse, surprenant sans cesse les randonneurs par ses conditions atmosphériques et enseignant l’humilité à tous ceux qui pensent que le véritable climat montagnard en Pologne ne règne que dans les Tatras. Comme j’ai attrapé la passion de la montagne précisément dans les Beskides, Babia Góra me tient particulièrement à cœur. Au moment où j’écris cet article, j’ai déjà visité la Reine onze fois : sous le soleil et dans le brouillard, par grande chaleur et sous la neige, par une brise légère et dans une véritable tempête. Dans cet article, je vais me concentrer sur la boucle classique depuis le col de Krowiarki, qui est la manière la plus populaire de découvrir le massif de Babia Góra.
SOMMAIRE :
- Babia Góra – informations générales
- Du col de Krowiarki à Sokolica
- Au-dessus de Sokolica, ou l’étage des pins nains de Babia Góra
- De Kępa à Babia Góra
- Babia Góra – le sommet
- Descente de Babia Góra par la crête de Kościółki
- Du col de Brona à Markowe Szczawiny
- Markowe Szczawiny et retour à Krowiarki par le Górny Płaj
- Carte de la randonnée
- Bibliographie
Babia Góra – informations générales
- Babia Góra culmine à 1 725 m d’altitude. C’est le plus haut sommet des Beskides de Żywiec, de toute la chaîne des Beskides polonaises, ainsi que la plus haute montagne de Pologne en dehors des Tatras. On l’appelle aussi parfois Diablak, ou encore la Capricieuse (Kapryśnica).
- Babia Góra est le seul massif des Beskides polonaises où l’on retrouve tous les étages classiques de la végétation montagnarde : l’étage montagnard inférieur, l’étage montagnard supérieur, l’étage subalpin (pins nains) et l’étage alpin.
- Le point de départ le plus populaire pour les excursions sur Babia Góra est le col de Krowiarki (env. 1 012 m d’altitude). Le col sépare le massif de Babia Góra de la chaîne de Polica et, administrativement, Zawoja de Zubrzyca Górna. On trouve sur le col deux parkings payants : l’un au col même, l’autre 100 m plus bas en direction de Zubrzyca. Le col de Krowiarki est traversé par la route départementale sinueuse n° 957.
- La variante depuis le col de Krowiarki prévoit d’atteindre le sommet par le sentier rouge de crête (tronçon du Sentier Principal des Beskides) et de descendre par le col de Brona vers le refuge PTTK Markowe Szczawiny. Du refuge au col de Krowiarki, un sentier bleu permet de fermer la boucle. C’est cet itinéraire qui est décrit dans cet article.
- En dehors de la boucle classique depuis le col de Krowiarki, l’ascension de Babia Góra est également possible par l’intéressant sentier jaune, appelé Perć Akademików. Vous pourrez en lire davantage sur la randonnée vers le Diablak par cette variante dans un article dédié.
- La nature unique, animée et inanimée, du massif de Babia Góra est protégée depuis 1954 au sein du Parc National de Babia Góra (BgPN). Le siège du parc se trouve dans la localité de Zawoja, et son symbole est la berce de Mantegazzi (okrzyn jeleni). Le BgPN figure également sur la liste des réserves de biosphère de l’UNESCO.
- Le billet d’entrée au parc national coûte : 5 PLN (tarif réduit), 10 PLN (tarif plein). En raison de la protection de la nature, il est interdit de monter sur Babia Góra avec un chien du côté polonais.
- Babia Góra offre un panorama étendu sur plus de vingt massifs montagneux environnants. Pour cette raison, la Reine des Beskides est considérée comme l’un des plus beaux points de vue de Pologne (et qui sait, peut-être même d’Europe ?).
- Le Diablak jouit de la réputation d’être l’un des meilleurs endroits pour admirer le lever du soleil dans les montagnes polonaises. Et ce n’est pas sans raison : par beau temps, la vue du globe de feu émergeant au-dessus des Tatras est tout simplement spectaculaire. On le sait d’ailleurs depuis assez longtemps : en 1912, le lever du soleil sur Babia Góra aurait été admiré par nul autre que Vladimir Lénine lui-même.
- Enfin, Babia Góra se caractérise par son propre microclimat, particulièrement capricieux. Les conditions météo changent rapidement et, le plus souvent, pour devenir beaucoup moins favorables au tourisme de montagne. Quelle que soit la saison, il faut s’attendre à de fortes rafales de vent au sommet. Allez donc au Diablak avec humilité, en ayant toujours dans votre sac des vêtements chauds et une veste de pluie.
- En ce qui concerne mes propres expériences, sur onze ascensions de Babia Góra, je n’ai eu une visibilité idéale que… trois fois à peine. Et croyez-moi, je vérifie toujours la météo avant de partir ! Pour illustrer le microclimat de Babia Góra, citons l’excursion que j’ai faite avec Martyna par un beau jour de l’été 2023. Nous avions appelé cette expédition la « grande traversée des Beskides », et son thème principal était d’atteindre Babia Góra directement depuis la maison de nos grands-parents (c’est-à-dire depuis la localité de Kuków). Nous avions fait alors plus de 50 kilomètres, marchant pendant la grande majorité de la journée en plein soleil et avec une visibilité idéale. Le temps n’a été couvert et froid que pendant quelques kilomètres… où pensez-vous que c’était ? Eh bien, bien sûr, sur la crête principale de Babia Góra :-). Je dois pourtant vous avouer qu’à un moment donné, j’ai commencé à romantiser cette variabilité de Babia Góra. Vous savez… C’est après tout une Reine capricieuse, dont on ne peut jamais prédire l’humeur à cent pour cent…
- Babia Góra appartient sans conteste aux sommets les plus visités de Pologne. Comptez donc sur le fait que le sentier puisse être bondé, surtout le week-end.
Du col de Krowiarki à Sokolica
Nous atteignons le célèbre col de Krowiarki (1012 m d’altitude) quelques minutes avant 8 heures. Grâce à la route goudronnée achevée à la fin des années 60 du XXe siècle, cet endroit reste le point de communication le plus élevé des Beskides polonaises. Le nom même du col vient, comme vous vous en doutez probablement, des vaches (krowy) qui y paissaient autrefois. La caisse du Parc National de Babia Góra est encore fermée, c’est pourquoi nous achetons nos billets d’entrée sur Internet. Ma compagne d’aujourd’hui est Ada, pour qui ce sera la première visite chez la Reine des Beskides.

Au col, nous choisissons le sentier rouge, qui suit la crête principale du massif de Babia Góra. Le sentier est ici large, confortable et, malgré les récentes chutes de neige, parfaitement tracé. Sur de nombreux tronçons, le sentier est en plus consolidé par des poutres en bois, formant une sorte d’escaliers peu profonds. La première étape de l’excursion est la montée vers Sokolica (1 367 m d’altitude). C’est la partie la plus exigeante physiquement du trekking d’aujourd’hui, car sur une distance d’un kilomètre et demi, il faut grimper 350 mètres de dénivelé. Le chemin traverse sur ce tronçon une forêt dense de l’étage montagnard supérieur. La marche est cependant très agréable, d’autant plus que les épicéas saupoudrés de neige fraîche présentent aujourd’hui un aspect fort sympathique. À mesure que l’on gagne des mètres d’altitude, on aperçoit parfois sur la droite le panorama de la chaîne de Polica voisine.



Au-dessus de Sokolica, ou l’étage des pins nains de Babia Góra
Environ une heure après avoir quitté le col de Krowiarki, nous arrivons sur la terrasse de Sokolica (1 367 m d’altitude). Par bonne visibilité, c’est d’ici que se déploie sans doute le plus beau panorama sur Babia Góra. Pour cette raison, j’ai été un peu déçu quand Sokolica nous a accueillis aujourd’hui dans un brouillard total. Heureusement, il a suffi d’attendre environ trois minutes pour que les nuages se dissipent complètement et révèlent tout le massif dans toute sa splendeur. Oh, Reine, comme tu es belle…


Au-dessus de Sokolica, l’inclinaison du terrain est déjà beaucoup plus douce, et les parties supérieures de la forêt cèdent finalement la place aux pins nains. Après avoir parcouru environ 800 mètres, nous passons Kępa (1 521 m d’altitude), un autre replat de la crête. Par bonne visibilité, dès ce moment, un magnifique panorama sur les Tatras s’étend sur le côté gauche. Nous n’avons pas cette chance aujourd’hui, mais il n’y a tout de même pas de quoi se plaindre de la météo. Sous l’éclat du soleil matinal, les pins nains enneigés sont tout simplement magnifiques. Le sentier est parfaitement tracé tout au long du parcours et le restera jusqu’au sommet. Malgré tout, il est conseillé d’avoir des crampons de marche en hiver ici — pour la sécurité, mais aussi pour son propre confort. En été, on y marche en revanche sur un dallage de pierre assez étroit (ce qui rend difficile le dépassement des randonneurs plus lents) mais soigneusement disposé.


De Kępa à Babia Góra
Le tronçon entre Kępa et le sommet de Babia Góra est déjà beaucoup plus progressif. Sur un peu plus de deux kilomètres, il n’y a que 200 mètres de dénivelé à franchir. À une altitude d’environ 1 600 m d’altitude, les derniers bosquets de pins nains disparaissent, laissant les randonneurs sur le vaste étage des alpages (ou autrement dit — l’étage alpin). Nous arrivons ainsi au sommet de Gówniak (1 617 m d’altitude), dont le nom provient de ce que laissaient à cet endroit les bœufs qui y paissaient autrefois. Si cette explication en gêne certains, qu’ils utilisent le nom alternatif de ce bombement, à savoir Wołowe Skałki.
Entre Gówniak et le sommet de Babia Góra se trouvent encore deux bombements peu marqués — Mały Garb Niżny (1 660 m d’altitude) et Mały Garb Wyżni (1 675 m d’altitude). Tous deux jouent des tours aux randonneurs fatigués qui, pensant arriver au sommet, doivent amèrement patienter. Dans des conditions hivernales, le tracé correct du sentier est ici indiqué par des piquets plantés dans le sol. Ce qui impressionne le plus ici, c’est l’espace immense qui s’étend en fait de chaque côté.
Par bonne visibilité, sur toute la longueur de la crête de Babia Góra, s’étend une vue magnifique sur les Tatras. Puisque les plus hautes montagnes de Pologne nous ont été cachées aujourd’hui par un énorme nuage, j’ajoute à cet article quelques photos de ma précédente escapade hivernale au Diablak — pour le lever du soleil. Regardez et régalez vos yeux, car il y a de quoi :D.








Babia Góra – le sommet
Nous saluons le sommet de Babia Góra à 10h30, soit environ 2,5 heures après avoir quitté le col de Krowiarki. Malheureusement, les vues ont été cachées aujourd’hui par un énorme nuage. Néanmoins, par bonne visibilité, on peut voir pratiquement tout depuis le Diablak : au sud-est les Tatras, au sud-ouest les Basses Tatras, les montagnes de Choč, la Magura d’Orava, la Grande Fatra, la Petite Fatra et le réservoir d’Orava ; à l’ouest les autres chaînes des Beskides de Żywiec — la chaîne de Mędralowa, le groupe du Pilsko, le groupe de la Romanka et du Lipowski Wierch et le groupe de la Wielka Racza ainsi que toute la chaîne des Beskides de Silésie ; au nord — la chaîne de Jałowiec ainsi que toute la crête des Petites Beskides ; au nord-est la chaîne de Polica et une multitude de sommets des Beskides de Maków ; à l’est — les Beskides Insulaires et les Gorce. C’est pas mal, non ?
Au sommet même se trouve un muret caractéristique, installé à cet endroit pour se protéger du vent glacial qui y souffle souvent. En dehors de cela, la cime de la Reine des Beskides regorge d’autres types de souvenirs. On y trouvera entre autres une plaque commémorant le pontificat de Jean-Paul II ou encore un obélisque rappelant… la visite de Babia Góra par l’archiduc Joseph de Habsbourg en 1806.




Le froid, l’absence de vues et le vent fort nous chassent aujourd’hui assez rapidement du sommet. Nous continuons donc l’excursion par le sentier touristique rouge, en descendant vers le col de Brona. Le début de la descente doit être assez prudent, car nous avons à franchir les Tablice Zejsznera — un groupe de gros blocs rocheux situés dans la partie ouest du dôme du Diablak. Le lieu a été nommé en l’honneur de l’éminent naturaliste du XIXe siècle, Ludwik Zejszner, qui avait remarqué ces roches et les avait soigneusement décrites. Le sentier sur ce tronçon longe la frontière polono-slovaque pendant environ deux kilomètres.
Descente de Babia Góra par la crête de Kościółki
Nous descendons maintenant par la Crête Médiane (Pośredni Grzbiet), qui se termine au col de Lodowa (1 611 m d’altitude). Nous marchons constamment sur une trace parfaitement piétinée, et l’orientation sur le terrain est en plus facilitée par les piquets plantés dans le sol. Aujourd’hui la visibilité n’est pas trop mauvaise, mais croyez-moi — dans le brouillard, ces piquets discrets deviennent une aide inestimable. Dans des conditions estivales, on parcourt ce tronçon sur un dallage de pierre soigneusement disposé. Après avoir passé le col de Lodowa, nous continuons par la crête de Kościółki (1 615 m d’altitude). À cette étape, le sentier passe près d’un grand précipice — le ravin de Kamienna Dolinka.




À une altitude d’environ 1 500 m d’altitude, nous rentrons à nouveau dans l’étage des pins nains, et déjà une quinzaine de minutes plus tard nous arrivons au célèbre col de Brona (1 408 m d’altitude), séparant Babia Góra de la Petite Babia Góra. Le nom du col a été créé en 1925 par Kazimierz Sosnowski et en vieux polonais signifie « porte » (autrefois passait ici en effet un chemin de Zawoja à Półgóra). Au col de Brona se trouve une terrasse panoramique qui, par beau temps, offre un panorama sur les constructions de Zawoja ainsi que sur la chaîne de Jałowiec voisine.

Du col de Brona à Markowe Szczawiny
Au col de Brona, le sentier rouge tourne à droite, en direction du refuge PTTK Markowe Szczawiny. L’inclinaison du terrain est ici considérable — sur une distance d’un kilomètre à peine, on perd près de 250 mètres de dénivelé. En été, la descente se fait par des escaliers en pierre, mais en hiver, la descente sur ses propres fesses procure beaucoup plus de plaisir. C’est d’ailleurs une manière si populaire de franchir ce tronçon qu’une sorte de rigole creusée se forme sur les sections les plus raides. Comme le début du mois de mars nous a accueillis avec un retour de l’hiver assez inattendu en montagne, la neige est abondante et on glisse vraiment de manière sympathique. Dans ces circonstances, les pins nains disparaissent de manière presque imperceptible, et nous retrouvons la forêt de l’étage montagnard supérieur.


Markowe Szczawiny et retour à Krowiarki par le Górny Płaj
Nous sommes au refuge PTTK Markowe Szczawiny (1 180 m d’altitude) vers 11h40. Nous y faisons aussi une pause plus longue, en sortant de nos sacs tous les en-cas que nous possédons. Je ne serais pas moi-même si je ne vous racontais pas à cette occasion un peu d’histoire de ce lieu. Vous devez en effet savoir que ce sont d’abord les Allemands de l’organisation Beskidenverein qui se sont occupés de l’organisation du mouvement touristique sur Babia Góra. Ce sont eux qui, à la fin du XIXe siècle, ont balisé ici les premiers sentiers touristiques, et en 1905 ils ont même ouvert un refuge. Il se trouvait sur les versants sud de Babia Góra à une altitude de 1 616 m d’altitude. L’élan allemand a été vivement combattu par Hugo Zapałowicz, éminent naturaliste et amoureux du Diablak. C’est précisément à son initiative qu’en 1905 a été créée la section de Babia Góra de la Société des Tatras à Maków Podhalański, et dès 1906 — le premier refuge polonais a été érigé et béni dans la partie ouest des Beskides — à Markowe Szczawiny. Contrairement à l’établissement allemand, notre refuge est toujours debout, portant fièrement le nom de son fondateur.

Du refuge au col de Krowiarki, nous revenons par le sentier touristique bleu, c’est-à-dire le dénommé Górny Płaj. C’est un ancien chemin de cavalerie, construit en 1883 à des fins de chasse à l’époque où les Habsbourg de Żywiec géraient Zawoja. Le sentier bleu sur le tronçon du refuge au col traverse les versants nord de Babia Góra sur environ 6,5 km. Il mène à travers une forêt dense, à la limite de l’étage montagnard supérieur et inférieur. À vrai dire, le Górny Płaj n’est pas la partie la plus attrayante du parcours — c’est plat, monotone et totalement sans vue. Pour ce tronçon, je conseille donc de se choisir un compagnon bavard (ou éventuellement — de passer à la course).


Peu avant le col de Krowiarki, nous visitons encore le petit Mokry Stawek (env. 1 025 m d’altitude), le plus grand des lacs de glissement de terrain dans la région de Babia Góra. Il mesure environ 4,5 ares, et est habité entre autres par des tritons des Carpates. Tout récemment, un sentier a été aménagé ici, reliant l’étang au sentier bleu. Aujourd’hui l’étang est bien sûr tout à fait gelé, et en son milieu quelqu’hui a même fait un bel ange…
Une quinzaine de minutes après avoir quitté le Mokry Stawek, nous arrivons de retour au col de Krowiarki. Le temps est déjà très médiocre, donc sans regret nous montons dans la voiture et rentrons à notre chère Cracovie. C’est ainsi que se sont passées mes nouvelles visites chez la Reine des Beskides. Et bien que je connaisse la boucle depuis le col de Krowiarki par cœur, je suis fermement convaincu que j’y reviendrai encore des dizaines de fois…
Date de l’excursion : 1er mars 2025
Statistiques de l’excursion : 14 km, 730 mètres de dénivelé
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Carte de la randonnée
Bibliographie
- Figiel S., Franczak P., Janicka-Krzywda U., Krzywda P., Beskid Żywiecki. Przewodnik, IVe édition, éditions Rewasz, Pruszków 2023.
- Krygowski W., Zarys dziejów polskiej turystyki górskiej, éditions Sport i Turystyka, Varsovie 1973.
